Chapitre III:
La Rédemption Particulière (Limited Atonement)
Homer C.
Hoeksema
Quand vous
entendez l’expression «Rédemption Particulière» vous pensez tout
de suite à la controverse ou au débat qui existe dans la communauté
réformée sur ce sujet particulier. Si vous vous attendez, dans ce
chapitre, que j’aurai des choses à dire à propos de ce qu’on a
appelé «Le cas Dekker» vous aurez deviné juste!
Relié à ce
sujet, j’espère que ce qui suit sera clair comme du cristal!
Premièrement,
je n’ai aucun intérêt ni aucune intention de m’engager dans un
débat de personnalités ou prendre des positions qui seraient
négatives envers certaines églises, peut importe leur nom. Je ne
désire pas non plus me réjouir des difficultés ecclésiastiques de
qui que ce soit. Ce qui regarde l’église et la vérité concernant
notre «héritage réformé» sont des sujets trop sérieux. Que cela
soit bien compris de tous!
Deuxièmement,
l’autre coté de la médaille, c’est que je suis intéressé
strictement dans la vérité de l’Évangile et de son avancement; ce
sont les seules raisons, chers lecteurs, pour lesquelles je m’adresse
à vous. J’ose espérer que vous partagez ces mêmes principes.
Laissez-moi rajouter que la vérité de la Parole de Dieu et la vérité
de la Foi Réformée, les deux sont pour moi synonymes.
Troisièmement,
la question est donc de savoir: que dit notre confession Réformée au
sujet de cette doctrine, et que disent les Écritures sur les bases
mêmes de notre confession Réformée? Voilà notre propos! L’issue n’est
pas d’émettre des opinions théologiques. Ce n’est pas non plus de
savoir si c’est populaire, parce que certainement, la foi Réformée n’est
pas très populaire aujourd’hui. Ce n’est pas non plus de savoir ce
qui est utile ou nuisible dans la prédication de la Parole ou sur le
champ missionnaire. Ce n’est pas non plus ce que nous aimerions penser.
L’issue première pour tous les chrétiens Réformés c’est d’abord:
que disent ces confessions avec lesquelles nous sommes en accord, et
auxquelles les Réformés donnent leur approbation. Si je les accepte,
je suis un Réformé. Si je ne les accepte pas, je devrais avoir l’honnêteté
de dire, «Je ne veux pas être Réformé». Bien sûr, ultimement tout
doit être basé sur les Écritures. Ce que les Écritures disent,
voilà devant quoi je dois m’abaisser et céder mes idées
personnelles. Je n’ai pas d’autres choix!
Quatrièmement,
je n’ai pas l’intention de développer ce sujet d’une façon
négative: je n’aime pas être négatif. Je désire développer,
autant que possible dans ce chapitre, la Réforme et la vérité des
Écritures concernant le rachat positivement, afin de démontrer
avec respect, qu’il y a toujours des répercussions négatives, quand
on s’éloigne de la vérité.
Cinquièmement,
parce qu’il le faut, j’espère que vous comprendrez que je devrai me
limiter en essayant de vous dresser les lignes importantes et les
implications majeures de cette riche vérité. Sans doute que plusieurs
chapitres pourraient être consacrés à ce sujet, et ça vaudrait la
peine. Mais ce n’est pas le but maintenant; nous n’irons pas
dans tous les détails. Nous sommes plutôt intéressés à vous
faire connaître les lignes importantes de ce qui est appelé le
Troisième Point du Calvinisme. En le faisant, je prend pour acquis que
vous avez lu l’exposition de mon collègue, Professeur Hanko, dans les
deux chapitres précédents, et que vous ne manquerez pas de prendre
connaissance de ce que le Pasteur Van Baren vous expose à propos de la
doctrine de Rédemption dans le 4ième et 5ième
chapitre de cette brochure.
Finalement, l’introduction
sera consacrée dans son entier sur l’importance relative de la
vérité de la Rédemption Particulière dans l’ensemble des Cinq
Points du Calvinisme et dans l’ensemble du salut par grâce. Cependant,
je ne voudrais pas que ce chapitre soit trop long. Mais je tiens à vous
démontrer que la vérité de la Rédemption Particulière saura
focaliser votre attention sur la doctrine de l’Élection souveraine (ou
la prédestination avec ses deux aspects; soit l’élection et la
réprobation). L’objectif de la croix c’est de nous révéler que la
prédestination faisait partie du plan de Dieu. À travers la croix, la
révélation de la Souveraine prédestination de Dieu devient évidente,
devant la réalité de la Dépravation Totale de l’homme; de par sa
nature l’homme est perdu sans espoir aucun! D’un autre coté, nous
retrouvons dans la Croix, le point central de toute la vérité du salut
par grâce, tout autant que l’appel irrésistible, la préservation
ainsi que la glorification des saints; de ce point de vue, c’est dans
la croix et par le rachat de notre Seigneur Jésus-Christ que se trouve
le salut pour le peuple de Dieu; quand ce miracle prend place dans leur
cœur et dans leur vie. C’est dans le rachat (rédemption), que nous
avons la garantie, la garantie absolue, de l’appel, de la
préservation et de la glorification finale pour le peuple de Dieu. Le
salut par la grâce souveraine ne dépend pas de l’homme afin qu’il
ne se glorifie en rien. Du début à la fin, le salut est le travail
de Dieu seul! C’est la réalisation de ce qui est avancé dans les
versets de Romains 8 :29-30 dans ces mots que nous connaissons
bien:
Car ceux
qu’Il a connus d’avance, ils les a aussi prédestinés à être
semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût
le «premier-né» entre plusieurs frères. Et ceux qu’Il a
prédestinés, Il les a aussi appelés; et ceux qu’Il a appelés,
Il les a aussi justifiés; et ceux qu’Il a justifiés, Il les a
aussi glorifiés.
Ces remarques
vous ont introduit à notre sujet: La Rédemption Particulière ou
Rachat Limité. J’attire votre attention sur trois aspects du sujet:
I. Le
rachat ou rédemption
II. La
nature limitée du rachat
III. L’importance
de maintenir cette doctrine
I. Le rachat
ou rédemption
Clarifions d’abord
l’exactitude du sujet.
En premier,
notons que notre sujet concerne les souffrances et la mort de notre
Seigneur Jésus-Christ. Cela semble évident. Mais il y a deux volets
importants. Tout d’abord, tout ce que nous allons dire en rapport avec
le Rachat demeure un fait historique, un évènement objectif
réel. Nous ne discutons pas de quelque chose qui doit être accompli ou
quelque chose à compléter, mais d’un évènement qui a été
accompli il y a deux mille ans. Tout ce qui se rapporte au Rachat, c’est
terminé. Ça fait partie du passé. C’est un fait accompli! Nous
devons faire une distinction entre le travail de Christ pour
nous, comme celui accompli à la croix, et le travail de Christ en
nous, en ce qui concerne l’œuvre réalisée dans les cœurs et
dans la vie du peuple de Dieu, de ce qui était l’objectif final de la
croix. La réalisation et l’application des bienfaits du salut
qui seront produits dans le cœur et dans la vie du peuple de Dieu, ne
sont pas le sujet de ce chapitre.
En deuxième,
le point est important, car la question n’est pas simplement de savoir
que Christ a souffert et est mort. La question est: quel est le sens et
la signification profonde de la mort de Christ? C’est un fait que
Christ est mort; sans tenir compte du sens qui lui est donné ou de ce
qu’on en dit, la chrétienté reconnaît le fait de la mort de Christ.
Des réponses variées ont été données au cours de l’histoire de l’église
pour expliquer ce qui avait été accompli par les souffrances et la
mort de Christ.
Quelques-uns
disent que c’était simplement un exemple. D’autres en parlent comme
d’une théorie gouvernementale, essayant de démontrer que Dieu pour
gouverner avec justice sur l’univers, avait choisi ce moyen pour
amener les hommes à la repentance et ensuite les sauver. Nous disons
sur les bases des Écritures; la mort de Christ a été le rachat, ou le
paiement pour les péchés, afin d’être justifié et d’obtenir la
vie éternelle. Bien plus, nous disons que le rachat était une
substitution. Croire que Dieu est mort pour tous les hommes ce n’est
pas ce que les Écritures enseignent; la mort de Christ est un «rachat»
réservé à quelques hommes. Les Écritures nous enseignent que le
rachat est limité. Jésus lui-même prône cette vérité à propos de
sa mort dans Jean 10:15 («… je donne ma vie pour mes brebis»).
Un peu plus loin dans le chapitre Il spécifie que «tous» ne sont pas
inclus parmi les brebis. (Le verset 26: «Vous ne croyez pas parce que
vous n’êtes pas mes brebis.») Christ a été un substitut, non
pour tous les hommes, mais pour ses Élus seulement. C’est ce que la
Foi Réformée maintient.
Clarifions
les termes employés.
Le mot «atonement»
(qui veut dire rachat) ne se retrouve pas dans les Écritures ou dans
nos Confessions. Peut-être est-il possible de le retrouver dans la
version King James … mais la traduction aurait pu se lire comme suit: rançon,
rédemption, propitiation, réconciliation, rachat. Tous ces termes
se relient entre eux, et le terme de réconciliation s’applique très
bien ici. Ça nous ramène au fait que la mort de Christ nous a
réconciliés avec Dieu.
Le mot «limité»
a été critiqué parce que le terme semble indiquer un défaut, un
manque, une limitation dans la mort de Christ. Des mots de
rechange ont été suggérés tels que: particulier ou précis. D’un
point de vue pratique, je ne suis pas sûr que le terme serait plus
«fort». Nous croyons que le terme est très clair! Le mot «limité»
veut dire que la mort de Christ est «limitée» ou réservée
pour les Élus seulement.
Nous allons
maintenant clarifier le sujet historiquement.
La doctrine
du Rachat Limité est la doctrine Réformée, concernant la mort de
Christ et par le fait même la rédemption des hommes (énoncée par les
Canons II). Elle a été officiellement reconnue comme opposition à l’hérésie
Arminienne qui disait le rachat universel et général. Les Arminiens
dans le 2ième Article des «Remontrants» enseignent ceci:
Pour
demeurer en accord avec leur doctrine de l’élection, les
Arminiens disent que Jésus-Christ, le Sauveur du monde, est mort
pour tous et chacun des hommes, et que par sa mort sur la
croix, Il obtient pour eux tous, la réconciliation et le pardon des
péchés; on doit comprendre que ce pardon est accordé à celui qui
croit, selon l’Évangile de Jean 3:16: «Car Dieu a tant
aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque
croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.»
Et dans le première épître de Jean 2:2: «Il est
lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement
pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.»
Voilà donc
ce que les Arminiens enseignent:
-
Que la rédemption de
Christ est pour chaque homme individuellement, donc Christ serait
mort pour obtenir la réconciliation et le pardon des péchés
pour tous les hommes.
-
Mais la rédemption est
effective seulement pour les croyants. Même si Christ a obtenu la
réconciliation et le pardon pour tous, mais tous ne peuvent jouir
de cette réconciliation et de ce pardon, seulement les croyants.
Donc, les
Arminiens enseignent que la rédemption est générale, mais pour en
bénéficier il faut avoir la foi. Ils enseignent une rédemption
universelle, mais le salut ne serait pas universel.
Ils s’opposent ainsi au rachat limité comme nous le démontrerons. C’est
très significatif de regarder les textes bibliques auxquels ils se
réfèrent. Par ces références nous retrouvons l’erreur commune aux
Arminiens d’employer le terme scripturaire «monde» comme étant l’équivalent
de «chaque homme individuellement.»
De nouveau,
la doctrine Réformée dans les Canons II, s’oppose donc à cette
doctrine des Arminiens.
Si vous
gardez ceci en mémoire, vous réaliserez que tout le sujet du rachat,
tel que nous en débattons, est vraiment un sujet très simple. C’est
littéralement Arminien d’enseigner que Christ est
mort pour tous les hommes. Les Canons II, dans la première partie, se
sont opposés à cet enseignement, et les Canons II, dans la deuxième
partie, s’y sont opposés encore plus fortement. Les Arminiens ont
même tenté de faire croire que les Confessions Réformées
approuvaient cette doctrine. Ils ont fait appel aux confessions et
spécialement aux Canons II, pour supporter la doctrine du rachat
universel. Les Canons II n’auraient jamais été écrits si l’ascension
de cette fausse doctrine du rachat universel n’avait pris autant d’envergure.
Ce serait fallacieux d’essayer de maintenir la doctrine du rachat
universel comme faisant partie de la foi Réformée. Le contenu des
Canons supporte ce que nous vous avons dit de l’arrière plan
historique et de la position fondamentale de la foi Réformée contre l’hérésie
des Arminiens.
Regardons les
éléments spécifiques mis de l’avant par nos confessions en regard
au rachat.
J’attire
votre attention sur un élément très important, celui de satisfaction.
C’est le terme clé dans toutes nos confessions, et tout spécialement
pour les Canons. Nous avons mis l’emphase sur ce terme à
plusieurs reprises dans le Catéchisme d’Heidelberg. Les Canons
cependant, débutent avec l’idée de satisfaction. Dans la
dernière partie de l’Article I, déjà ils le mentionnent: «… on
ne peut y échapper, à moins que la justice de Dieu soit satisfaite.»
Relié à satisfaction
le rachat devient une manière de justice très stricte. Il n’y a pas
de grâce, pas de miséricorde, non plus de bénédictions si nous ne
faisons pas partie du plan de Dieu pour être justifiés. Dieu bénit
celui qui est juste et Il châtie ou punit le méchant temporairement
et éternellement. C’est le premier principe en rapport avec l’idée
de satisfaction.
Voici le
principe dont il est question dans l’Article I:
Dieu n’est
pas seulement suprêmement miséricordieux, mais aussi suprêmement
juste. Et sa justice exige (comme Il l’a lui-même révélé dans
sa Parole) que nos péchés commis contre son infinie Majesté,
doivent être punis, non seulement temporairement, mais par un
châtiment éternel, de notre corps et de notre âme; auquel on ne
peut échapper, à moins que la justice de Dieu soit satisfaite.
Alors en
relation avec la justice de Dieu, le péché est synonyme de culpabilité.
C’est une dette. C’est passible de châtiment. Et suivant la
justice de Dieu, ce châtiment ne peut être exempté, l’homme ne peut
retrouver la faveur de Dieu tant et aussi longtemps que la justice de
Dieu n’est satisfaite. Cette satisfaction veut simplement dire «en
faire assez, faire le paiement d’une certaine dette ou obligation,
selon la demande de justice.» Par exemple, si on parle d’une dette de
$1,000, une fois le montant remboursé, il y a pleine satisfaction et la
dette a disparue. La dette n’existe plus. On en parle plus. C’est
ça la satisfaction, et ce sont les effets de la satisfaction.
Si la satisfaction pour la dette du péché est offerte à chaque homme,
donc l’homme est délivré du péché et de la culpabilité. Du moment
que la satisfaction est remplie, la dette disparaît pour toujours.
Quand la justice de Dieu est satisfaite, la dette est enlevée pour
toujours. Dieu lui-même, parce qu’Il est juste et droit, ne peut
tenir l’homme responsable d’une dette pour laquelle Il a reçu
pleine satisfaction. Maintenant, la question n’est pas de savoir pour
qui la dette a été remise; nous répondrons à cette question plus
tard. Peu importe qui est cet homme pour qui la satisfaction est faite,
sa dette est disparue devant Dieu. Si la satisfaction s’adresse à
tous les hommes, alors la dette de tous les hommes est enlevée. Peu
importe qui est inclus dans la satisfaction, leur dette disparaît pour
toujours. Voilà le sens de la satisfaction! On ne pourra jamais mettre
trop d’emphase sur cet élément clé. C’est prudent de dire que
tout le concept du rachat (Scripturaire ou confessionnel) se tient ou
tombe avec cet élément clé fondamental.
En rapport
avec tout ce qui précède, nous devons nous rappeler qu’il nous est
impossible à nous-même de satisfaire à la justice de Dieu. Pas besoin
d’entrer dans les détails à ce propos. C’est simplement le
résultat de la nature pécheresse de l’homme, son état de perdition
sans espoir. Nous retrouvons ici la doctrine de la Dépravation Totale.
Non seulement ne pouvons-nous pas répondre à cette satisfaction, mais
au contraire notre dette augmente sans arrêt. La satisfaction pouvait
être faite seulement gratuitement, dans l’amour et l’obéissance,
en prenant la responsabilité du châtiment du péché, en supportant
les souffrances … l’agonie … jusqu’à la mort. Quand la colère
de Dieu fut déversée sur un homme qui acceptait gratuitement et par
amour d’en payer le prix … par amour pour la justice de Dieu, alors
la satisfaction était complète. Tout ça a été accompli par le
rachat qui devenait cette satisfaction que l’homme était incapable d’offrir
pour lui-même. Voilà pourquoi Dieu a envoyé son Fils bien-aimé qui a
subi le châtiment que l’on méritait.
Satisfaction,
voilà ce que les Canons enseignent. Les premiers Articles le
mentionnent à maintes reprises. Bien plus, si vous êtes familier avec
le Catéchisme d’Heidelberg, vous réaliserez que le Catéchisme a
toujours mis beaucoup d’emphase sur l’idée de satisfaction.
De même, notre confession de Foi, dans les Articles 20-21, a-t-elle
affirmé la même idée.
L’enseignement
de nos Confessions est aussi celui des Écritures. Le terme satisfaction
lui-même, n’est pas un terme scripturaire. Mais c’est l’idée
principale de tous les termes scripturaires employés pour désigner ce
qu’est la mort de Christ. Il en est ainsi pour le terme propitiation,
dans Romains 3:25: «… que Dieu a d’avance destiné à être,
par son propre sang, moyen de propitiation, grâce à la foi. Ainsi
affirme-t-il sa justice en pardonnant les péchés commis jadis …»
L’idée fondamentale de propitiation peut se traduire par satisfaction.
La même chose est vraie du terme scripturaire rançon.
Satisfaction est l’idée de base de rançon. Quand les Écritures
disent dans Matthieu 20:28: «… le Fils de l’homme est venu non
pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de
plusieurs.» En donnant sa vie Il a donné satisfaction. Il
satisfait la juste demande de Celui qui a fixé le prix de la rançon. Réconciliation;
terme que nous retrouvons dans II Cor. 5:19: «Car Dieu étant en
Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux
hommes leurs offenses … » Comme dans les deux termes
précédents, le sens de satisfaction se retrouve. Comment cela
est-il possible? Comment est-ce possible, que Dieu peut réconcilier le
monde à Lui-même et ne plus tenir compte du péché en eux? Comment
est-ce possible à la lumière de la justice de Dieu? La seule
possibilité, c’est que le prix exigé par la justice de Dieu a été
payé en entier. Satisfaction! Donc, tous les autres termes se
référant au Rachat, comportent la même idée de satisfaction
à la base.
Un deuxième
élément important dans le Rachat c’est celui de substitution.
La nécessité de substitution repose dans le fait que nous sommes
incapables de donner satisfaction par nous-mêmes. C’est l’effet de
notre dépravation totale. C’est la raison historique de la
nécessité du Rachat. Nous sommes perdus sans espoir! Impossible de s’en
sortir! Voilà pourquoi un substitut est nécessaire. Cette pensée est
reprise dans l’Article 2 des Canons II:
Étant
alors incapables par nous-mêmes de donner satisfaction, ou par
nous-mêmes d’être délivrés de la colère de Dieu, il a plu à
Dieu dans sa miséricorde infinie, de nous donner son Fils
bien-aimé, qui est devenu péché et qui a pris le châtiment que
nous méritions, et à notre place a satisfait à la justice
de Dieu.
C’est la
doctrine du rachat par substitution. Tout ça ne peut être
déclaré plus simplement que les Canons ont su le faire. N’essayons
pas d’améliorer le langage. C’est tellement simple. Notre Seigneur
Jésus a pris la place de ceux pour qui Il devait mourir. Face à l’exigence
de la justice de Dieu, Il représentait les hommes. Dans un sens légal,
Il était devenu notre substitut. Voyez à quel point cette relation est
précise. La satisfaction et la substitution, jumelées ensembles,
donnent un résultat très précis. Par exemple, supposons qu’un
client de la banque Old Kent décide de rembourser les hypothèques de
milles autres clients de la banque; une relation précise s’établirait
à l’égard de ces mille hommes et la dette de ces milles hommes
serait payée mais non pas la dette de tous les autres propriétaires d’hypothèque
de la banque Old Kent. La relation s’adresse à un groupe en
particulier. Il en est de même avec la croix, avec le rachat de Christ.
Quiconque est en Christ, quiconque est représenté par lui sur la croix,
quelle que soit la grandeur ou l’énormité de son péché, sa dette
est payée. Si tous les hommes étaient en Lui, alors la dette de tous
les hommes disparaîtrait pour toujours. Quiconque est représenté par
Lui, la dette n’existe plus. Dieu dans son jugement ne pourra et ne
tiendra pas cet homme redevable. Sa dette a été payée.
Telle est l’idée
de substitution dans le Rachat. Ce n’est pas seulement la doctrine de
nos Confessions, c’est aussi ce que les Écritures enseignent en
utilisant diverses expressions. Deux termes dans le Nouveau Testament
expriment cette idée de substitution. Nous retrouvons le mot «pour»
qui peut signifier «à la place de». Dans Romains 4:25: «…
il a été livré pour nos fautes, et Dieu l’a
ressuscité pour que nous soyons déclarés justes.» Plusieurs
autres termes utilisés ont fondamentalement le même sens. Matthieu 20:28:
«… et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.» Ça
revient à dire «à notre place» «au compte de quelqu’un». Cette
idée de «à notre place» ou «au compte de», est possible seulement
parce que Christ satisfait «à notre place» ou «au compte de» ceux
pour qui il est mort. C’est tellement bien exprimé dans la dernière
partie des Canons II:2: «… celui qui était innocent de tout
péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre place pour que,
dans l’union avec Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu.»
Ce ne sont que quelques exemples tirés des Écritures, dans
lesquelles nous retrouvons le sens de substitution.
Le troisième
élément sur le Rachat c’est sa valeur infinie. On ne doit pas
calculer sa valeur avec des chiffres. Ici il n’est pas question de
quantité mais de qualité, de valeur intrinsèque.
La vérité
sur la valeur infinie du Rachat répond aux questions suivantes: comment
la mort d’une personne peut-elle couvrir les péchés de plusieurs?
Comment se fait-il que le Rachat de Christ ne s’applique pas juste
pour une personne, mais pour plusieurs? Ou encore, comment le péché
commis contre l’infinie Majesté de Dieu, qui méritait la colère
infinie de Dieu et le châtiment éternel, comment ce péché peut-il
être racheté dans un moment par les souffrances et la mort de
notre Seigneur Jésus-Christ? Toute la colère infinie de Dieu a été
concentrée à ce moment là, quand Jésus s’est écrié: «Mon
Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» Cette valeur infinie
répond à la question: comment pouvons-nous être retiré de notre
état de perdition totale, pas simplement comme au paradis terrestre,
mais comme recevant une justice éternelle que nous ne pourrons jamais
perdre? Comment cette vie éternelle peut-elle devenir nôtre?
Voici la
réponse: c’est parce que le Rachat a été accompli par le Fils de
Dieu … le Dieu Infini et Éternel Lui-même dans une chair semblable
à celle du péché, tout en étant parfaitement juste et saint; Jésus
a apporté cette satisfaction.
C’est l’idée
même exprimée dans l’Article 3 des Canons II: «… abondamment
suffisant pour expier les péchés du monde entier.» Cette
expression souvent débattue ne peut vouloir dire que Christ était mort
pour tous les hommes. Ce serait adopter la doctrine Arminienne,
ce que nos «pères» ont réfuté dans les Canons. L’Article 3 ne
veut pas dire non plus que Christ a apporté satisfaction pour le monde
entier. L’idée qu’on doit retenir, c’est que la mort de Christ
est tellement précieuse, qu’elle aurait été suffisante pour
le monde entier. Si Dieu avait voulu sauver le monde entier (tête par
tête, âme par âme), aucun autre sacrifice n’était nécessaire.
Comme un théologien l’a si bien écrit pour le Synode de Dordrecht,
la mort de Christ était suffisante en elle-même pour le monde entier
et même pour des milliers d’autres mondes. La mort du Fils de
Dieu est d’une valeur infinie: il n’y a pas de limite à sa
valeur intrinsèque.
Finalement,
parlons maintenant de l’efficacité du rachat. Le rachat est
efficace. Cet élément ne doit pas être séparé du rachat. Le
terme efficace amplifie la réalité, l’actualité, le fait
accompli des éléments précédents. Regardons ensemble ce que les
Canons II dans l’Article 8 en disent:
Dans le
conseil souverain et dans le plan merveilleux de Dieu le Père, la
mort précieuse de son Fils, accordait un salut efficace à tous les
élus, leur conférant le don de la foi qui justifie et leur donnant
infailliblement le salut. C’était la volonté de Dieu, que
par son sang versé à la croix, Jésus-Christ confirmait cette
nouvelle alliance, que le salut s’adressait à tout peuple, toute
tribu, toute nation et toute langue, à tous ceux mais à ceux-là
seulement qui avaient été choisis de toute éternité pour être
sauvés; ils étaient donnés au Fils par le Père. Par sa
mort, Jésus leur avait imputé la foi (un don de l’Esprit),
les avait délivré de leurs péchés, (originel et actuel) commis
avant ou après avoir cru, les gardant fidèles jusqu’à la
fin, afin qu’ils paraissent sans tache et sans reproche,
pour jouir de Sa glorieuse présence éternellement.
L’Article 8
ne parle pas de grâce efficace ou de l’appel efficace. Ce sujet est
discuté par les Canons III:5. Le terme sur lequel nous attirons votre
attention c’est l’efficacité, la puissance d’accomplissement
associée à la mort de Christ. Une telle efficacité est sous-entendue
dans le rachat. En réalité, quand les éléments de satisfaction, de
substitution et de valeur infinie sont inclus dans le rachat, il n’y
aurait nul besoin de rajouter le terme «efficacité». Les trois
éléments mentionnés ont la même signification. Mais parce que les
Arméniens ont parlé de satisfaction et substitution sans pour
autant parler d’efficacité, il était devenu nécessaire à
nos «pères» de la Réforme de dire: «Oui, mais la mort de Christ est
efficace.» Tout comme avec l’expression «dépravation» nous savons
que la dépravation est toujours totale. Ça n’existe pas un homme à
moitié pourri. Mais parce que quelques-uns ont parlé de dépravation
partielle, il est devenu nécessaire pour les Réformés de rajouter le
mot «totale» à dépravation. Il en est de même pour le «rachat
efficace». On ne peut concevoir un rachat «inefficace» ce serait une
contradiction. Le mot rachat veut dire «racheté» pour tous ceux pour
lesquels Christ s’est substitué. Christ est mort et a racheté tous
ceux qui étaient en Lui (il y a 2000 ans quand Il est mort). Voilà ce
que la mort de Christ a accompli pour eux. Ils sont délivrés de leur
culpabilité. La justice et la vie éternelle leur appartiennent pour
toujours. Leur droit à toutes les bénédictions du salut a été
établi pour toujours à la croix.
Notons que
nos «pères», dans l’Article 8 des Canons II, ont délibérément
mis une double emphase sur l’élément crucial dans l’efficacité
de la mort de Christ (l’efficacité et la puissance de la mort de
Christ). C'est-à-dire que Christ a acheté (ou obtenu) pour ses élus, la
foi. Le rachat ne veut pas dire que Christ nous donne la justice et
la vie éternelle ainsi que toutes les autres bénédictions
qui se rattachent au salut et que maintenant Il nous dit dans l’Évangile:
«Le salut est ici, mais ça dépend de votre décision d’y croire.»
Pas du tout! Christ nous a obtenue la foi. Par ce don de la foi, Il
garantie que tous ceux pour qui Il est mort vont croire et auront
droit personnellement et consciencieusement à tous les bienfaits du
salut obtenus par Sa mort.
Alors donc,
selon l’Article 8, la présente application de toutes les
bénédictions du salut (faisant partie du plan souverain
de Dieu) au moyen duquel Moi et tous les enfants de Dieu en viennent à
prendre conscience de la possession du salut, cette application est
basée et garantie par le rachat. Toutes ces bénédictions ont été
une fois pour toute, achetées, méritées, obtenues sur la croix; elles
appartiennent à Christ et à tous ceux qui étaient en Christ à
la croix. Tous les saints qui sont morts avant, les saints de l’ancienne
alliance, ils étaient en Christ à la croix. Tous les élus qui
ont vécu au temps de Christ sur terre, conscients d’être des enfants
de Dieu, ou pas encore convertis, ils étaient en Christ à la croix.
Tous les enfants de Dieu qui n’étaient pas encore nés à ce
moment là, ou qui ne sont pas encore nés aujourd’hui, ils
étaient en Christ à la croix. Jésus avait pris leur place, Il les
représentait; et pour eux tous Il achetait (obtenait) toutes les
bénédictions du salut. Voilà ce que l’Article 8 enseigne! Quelle
grâce extraordinaire! Tout le Conseil Souverain avait pris naissance
dans le Décret Éternel de Dieu le Père, afin que la mort si
précieuse de son Fils Jésus, s’étende à tous les Élus, leur
accordant la foi justificatrice qui conduit infailliblement au
salut. C’était la volonté de Dieu, que Christ par son sang versé à
la croix (moyen par lequel Il confirmait la nouvelle alliance),
Il rachetait effectivement ceux de chaque peuple, tribu, nation et
langue, tous ceux qui de toute éternité avaient été choisis pour
être sauvés et être donnés à Christ par Dieu le Père. La foi et
tous les autres dons du Saint-Esprit leurs étaient accordés par la
mort de Jésus, les lavant de tous péchés (passés, présents et
futurs), les rendant sans tache et sans reproche pour jouir de Sa
présence pour toujours.
C’est la
vérité grandiose du rachat efficace. Vérité reconnue par nos «pères»
en lien avec l’application et la réalisation du salut jusqu’à la
gloire finale.
II. La
Nature Limitée Du Rachat
On ne doit
pas se surprendre que cet Article des Canons soutienne aussi que le
rachat est limité. Ça devient évident par les mots qui suivent:
«… à ceux, à ceux seulement qui étaient choisis de toute
éternité …»
Le rachat
limité ne peut être séparé de la vérité du rachat efficace. Si le
rachat veut dire satisfaction dans le vrai sens du mot, si le
rachat devient satisfaction par substitution dans le vrai sens du
terme, si par conséquent le rachat est efficace pour ceux qui y sont
inclus afin que leur dette soit enlevée et qu’ils puissent mériter
la justice et la vie éternelle, ayant été objectivement rachetés,
réconciliés, il seront certainement sauvés. À la lumière de ces
propos il est facile de voir que le rachat est limité. Ceux inclus
dans le rachat sont sûrement sauvés. Mais tous les hommes ne sont
pas sauvés.Tous les hommes ne sont pas inclus dans le rachat.
Qui donc sont
inclus dans le rachat?
La réponse c’est
que Christ est mort pour les Élus, pour ceux que Dieu a choisis de
toute éternité et souverainement, lesquels Il a donné à Christ. Dieu
a élu une église, et chaque membre individuel de cette église. Cette
église entière avec tous ses membres individuels ont été donnés à
Christ. Jésus est devenu la tête représentative de toute l’église.
Face au jugement de Dieu, Christ à la croix, prend la place de tous
ceux qui font partie de l’église, seulement ceux qui en
font partie.
C’est la
vérité du rachat limité (que vous pouvez désigner par précis,
défini ou particulier). Cette doctrine est simple. Il y a rachat, par
conséquent l’enlèvement de la culpabilité, le pardon des péchés,
la justification et tous les bienfaits du salut et de la vie éternelle
pour les Élus seulement dans la croix. Pour tout le reste, pour les
dépravés, il n’y rien de positif, il n’y a aucun bienfait, dans
cette croix. Christ n’est pas mort pour eux; Il ne les a pas
représentés et Il n’a pas pris leur place!
Bien plus, on
devrait porter attention au fait que le rachat particulier est personnel.
La mort de Christ n’est pas un évènement vague et imprécis. Christ
n’est pas mort pour un certain nombre d’hommes, leur procurant le
salut, sans savoir qui en profiterait. Christ est mort pour les Élus,
pour chacun d’eux personnellement. Dieu les a choisis. Il les a
choisis individuellement. De toute éternité Il les appelle par leur
nom. Et tous ces Élus, Dieu les avait donnés à Christ personnellement.
Christ les connaissait alors même qu’ils Lui avaient été donnés
par Dieu de toute éternité. Il a donné sa vie pour eux, pour eux tous,
pour chacun d’eux et pour eux seulement. Tous les
Élus et seulement les Élus étaient vraiment en Christ à la croix
il y a 2000 ans.
Donc, la
croix est la révélation de l’amour souverain de Dieu: «Et cet
amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’Il
nous a aimé et envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos
péchés» (I Jean 4:10).
Telle est la
doctrine des Confessions. C’est exactement la doctrine des Canons
II:8. La même vérité concernant l’élection est déjà enseignée
dans les Canons I:7. Mais cette vérité est aussi reconnue à travers
nos Confessions. Quand vous voyez le terme «nous» dans le Catéchisme
d’Heidelberg et la Confession de la Foi en lien avec la mort de Notre
Seigneur Jésus-Christ (mort rédemptrice), n’oubliez pas que du point
de vue objectif le «nous» ne veut pas dire tous les hommes,
mais les élus. Cette expression ne doit pas être comprise autrement.
Comme dans le Catéchisme et les Confessions, ainsi en est-il pour les
Canons, de conserver le même point de vue objectif quant à l’exclusivité
des élus. Plusieurs passages des Écritures confirment cette vérité.
Concentrons-nous
un moment sur ce beau texte dans Jean 10:14-15. Pour bien rendre le
texte nous avons utilisé la Version Révisée Américaine: «Moi, je
suis le bon berger; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent,
tout comme le Père me connaît et que je connais le Père. Je donne ma
vie pour mes brebis.»
Qui sont les
brebis mentionnées dans ce verset pour lesquelles Christ est mort? Ce
sont ceux donnés par le Père à Christ … les Élus. C’est tout
simplement ce que dit le verset. Dans le verset 29, à propos de ces
brebis, il est dit: «Mon Père qui me les a données est plus grand
que tous.» C’est renforcé par le contraste du verset 26, quand
Jésus dit aux Juifs non croyants qui s’opposent à lui: «Mais
vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis.»
N’inversez pas la phrase! Le texte ne dit pas: «… vous ne faites
pas partie de mes brebis parce que vous ne croyez pas.» Au
contraire le texte dit: «… vous ne croyez pas parce que vous ne
faites pas partie de mes brebis.»
Nous pouvons
comprendre que le terme «brebis» est exclusif. Plusieurs ont
argumenté que le passage Jean 10:14-15 ne veut pas dire que Jésus
a racheté seulement ses brebis. L’argument est pauvre. Les
théologiens de Dordrecht ont dit que ce texte ne fait pas de sens si
ça ne veut pas dire «exclusivement ses brebis.» Pourquoi
Jésus dirait-il qu’il est mort pour ses brebis, s’Il était mort
pour tous les hommes? Le verset désire spécifier celles qui sont ses
brebis, et celles qui ne le sont pas. L’origine de cette différence
se trouve dans la prédestination de Dieu.
Remarquez que
dans ce passage il n’est pas question d’une froide doctrine d’élection.
Au contraire, nous reconnaissons le divin amour, brûlant de toute
éternité … «je connais les miens». Christ
connaissait l’église toute entière et chaque membre de cette église
quand Il donna sa vie pour eux! Adam était en Lui. Abel était en
Lui. Noé était en Lui. Abraham, Isaac et Jacob et tous les
enfants de Dieu sous l’ancienne alliance, ils étaient en Lui
à la croix. Jésus les connaissait individuellement, de toute
éternité. L’apôtre Paul était en Lui, même avant d’être
converti. C’est pourquoi l’apôtre Paul peut parler de l’aspect
personnel du rachat particulier dans les texte bien connu de Galates
2:20: «J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis ce n’est
plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis
maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a
aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.» Il nous parle ici de
quelque chose qui a pris place à la croix en l’an 33 A.D. Christ l’aimait
déjà et donnait sa vie pour lui. Même si Paul ne le connaissait pas
encore, Christ l’aimait et donnait sa vie pour lui. Il en est de même
pour nous qui sommes des enfants de Dieu. C’est pourquoi nous pouvons
faire cette confession de foi personnelle «Christ est mort pour moi».
Ceci est basé sur un fait objectif. Ce n’est pas devenu vrai
seulement quand j’ai cru à Jésus; il en était ainsi de toute
éternité selon le conseil de Dieu. C’est ainsi depuis la mort de
Christ à la croix. Et par cette réalité objective, «vous et moi»,
quand nous venons, par la foi en union avec Christ, nous pouvons
dire: «Christ est mort pour moi».
Bref, voilà
la vérité du rachat limité, qui est un rachat précis et personnel.
Vous
trouverez plusieurs autres passages des Écritures qui enseignent la
même vérité. Laissez-moi vous énumérer quelques passages qui
enseignent très clairement que le rachat de Christ était précisément
pour les Élus. Ésaïe 53:10 parle d’une postérité que Christ verra
après avoir donné sa vie en sacrifice pour le péché. La prière
sacerdotale de Jésus dans Jean 17 nous rapporte ces paroles: «J’ai
fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du
monde … C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde,
mais pour ceux que tu m’as donnés parce qu’ils sont à toi. Et tout
ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; et je
suis glorifié en eux … Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux
aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux
seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par
leur parole … Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as
donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire
que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du
monde» (Jean 17:6, 9-10, 19-20, 24). Dans Actes 20:28, c’est
l’église du Seigneur «qu’il s’est acquise par son propre sang.»
Dans Romains 8:32 quand nous lisons que Dieu «n’a pas épargné
son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous,» ce «nous tous»
signifiant les Élus dans ce contexte. Les versets suivants le disent
bien: «Qui accusera les élus de Dieu? C’est Dieu qui justifie! Qui
les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est
à la droite de Dieu, et il intercède pour nous!» Et finalement nous
lisons dans Éphésiens 1:7 «En lui nous avons la rédemption par
son sang, le rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce …»
Dans quel contexte trouvons-nous ces paroles? C’est un contexte qui
parle très simplement du plan de Dieu qui nous prédestinait
avant la fondation du monde à devenir ses enfants. La
prédestination est la source de toutes les bénédictions rattachées
au salut, incluant la rédemption par son sang (Éph. 1:3-12).
Un dernier
point doit être ajouté à ce qui précède. Quand les Écritures parle
du «monde» et de «tous les hommes» en lien avec la mort rédemptrice
de notre Seigneur Jésus-Christ, ça ne peut et ça ne doit pas
aller à l’encontre de l’enseignement scripturaire à propos du
rachat limité ou défini. Étudier tous les passages dans lesquels nous
retrouvons ces termes nous mènerait trop loin. Mais il y a deux
observations que je désire apporter. La première, si ces passages qui
parlent du «monde» et de «tous les hommes» sont présentés comme
voulant dire «chaque homme individuellement» et si on attribue au
rachat le sens complet de satisfaction actuelle pour les péchés et de
substitution, alors on est allé trop loin. Ça conduirait
nécessairement à l’universalisme, la doctrine qui dit que tous les
hommes sont sauvés. Si cette dernière idée est rejetée, alors nous
devrons accepter que nous sommes en train de nier la justice de Dieu:
parce que si Christ donne satisfaction pour tous les hommes et que tous
les hommes ne sont pas sauvés, alors ce serait dire que Dieu n’agit
pas avec justice. Laissez-moi rajouter qu’aucune de ces
théories n’est acceptable à la lumière des Écritures. Ma deuxième
observation c’est que tous les passages qui parlent du «monde»
et de «tous les hommes» ont besoin d’être interprétés en harmonie
avec ce que les Écritures enseignent; que le rachat de Christ est pour
les élus seulement. Si ce n’est pas fait ainsi, alors l’idée que
les Écritures se contredisent doit être acceptée; et bien sûr cette
idée est inacceptable.
On a souvent
tenté par le passé et encore aujourd’hui de trouver ou de dire des
choses positives à propos du salut et à propos de l’amour de
Dieu, tout en essayant d’être agréable envers ceux qui n’étaient
pas en Christ à la croix ou en démontrant du respect aux perdus. Cette
attitude ne se retrouve pas dans le cercle des Réformés ou dans la
pensée des Canons II en regard avec la doctrine du rachat. Toutefois,
ce comportement se retrouve souvent dans les prédications. Il y a une
forte tendance à dire des choses positives et de présenter
positivement la Rédemption de Christ en prêchant un Évangile
universel. C’est ce qui nous amène à discuter des écrits du
professeur H. Dekker. La question soulevée est: «Quel évangile
doit être enseigné sur le champ missionnaire»? Du point de vue
des Réformés, le professeur Dekker était cohérent; il voyait
que si tu désirais être général dans la prédication, tu devais
reculer d’un pas, et être général aussi en ce qui concerne la
Rédemption de Christ. C’était cohérent mais conséquemment mal!
Cette tendance se généralise. Nous la retrouvons chez les
prédicateurs. Ils croient en un rachat «général» et c’est ainsi
qu’ils enseignent. Il y a cette même tendance parmi la communauté
Réformée. Dans leur prédication, le sujet de la mort de Christ
demeure vague et indéfini. Ils disent simplement «Christ est mort pour
les pécheurs». Cette affirmation est véritable, mais ne rien dire d’autre
en fait une demi-vérité. Et une demi-vérité est un subterfuge! Le
comité qui a étudié le «Cas Dekker» et d’autres aussi, ont parlé
des bienfaits de la mort de Christ «non efficaces au salut» pour
certains. Comment est-ce possible, je ne le sais pas! Christ est mort
pour les Élus seulement, et les bienfaits de la mort de Christ seront
pour tous ceux pour qui Christ est mort, mais non pour les autres. Comme
c’est simple! D’autres, sans définir clairement, parlent aussi de
cette offre universelle de salut. Au sujet des Canons, dans les écrits
de La Bannière en date du 24 février 1967, j’ai lu que nous
devons dire quand on enseigne, que Christ désire le salut de tous les
hommes et que Dieu ne désire pas la mort d’aucun, mais le salut pour
tous.
C’est
facile de comprendre que ça soulevait des difficultés. Pas
nécessairement dans la doctrine du rachat comme tel; mais quand l’image
du rachat, dans la prédication, devient soudainement général (ou
universel) d’une façon ou d’une autre. Tout ceci avait pris
naissance dans le 1er Point de 1924 avec l’offre bien
intentionnée d’un évangile général (universel) comme l’évidence
de ce qu’on appelle, la grâce commune. Tous l’avaient reconnu bien
sûr, surtout par le fait qu’à cette époque, personne n’avait
jamais écrit ou dit quoi que ce soit concernant le Cas Dekker sans
revenir à 1924. Voilà exactement ce qui a amené le Prof. Dekker et
les autres à cette idée d’un rachat universel. Néanmoins, ceux qui
ont critiqué la position du Prof. Dekker ne furent jamais consentants
à embrasser sans réserve la doctrine du rachat limité et la suivre
avec consistance, mais ils ont insisté à maintenir un élément
général et universel dans le contenu des prédications.
Si vous
regardez à cette tentative sous l’angle de la doctrine Réformée du
rachat limité, alors cette tentative est impossible. L’évangile qu’on
doit prêcher, c’est l’évangile de la croix, l’évangile de
Christ crucifié. Les Canons et les Écritures le disent. L’apôtre
Paul dit: «Nous prêchons Christ crucifié» (I Cor. 1:23). Il dit:
«Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que
Jésus-Christ crucifié» (I Cor. 2:2). À la lumière de ce que nous
avons dit, ça veut dire que, Christ crucifié est Christ crucifié pour
les Élus, peu importe de quelle façon vous décrivez ces élus dans la
prédication, que ce soit historiquement comme croyants, comme
repentants, comme ayant faim ou ayant soif etc. … Christ a été
crucifié pour les élus. Si je dis simplement que «Christ est mort
pour les pécheurs», alors je ne dis pas la vérité. Et certainement
que je ne présente pas l’évangile de Christ crucifié quand je dis:
«Christ est mort pour tous les hommes.» Si la croix est la
révélation du désir de Dieu, du plan de Dieu, de la volonté de Dieu,
je ne dis pas la vérité sur l’évangile de Christ crucifié quand je
dis: «Dieu désire le salut de tous les hommes.» Ce n’est pas le cas,
Dieu ne désire pas le salut de tous. La croix nous révèle très
simplement que Son plan, Son désir, Sa volonté et Son Conseil sont
destinés aux élus «seulement».
Souvent la
liaison entre la mort de Christ pour les élus «seulement» et le «supposé»
désir de Dieu de sauver tous les hommes est présentée comme un
mystère. Si vous dites que Christ est mort pour les élus, et pour eux
seulement, et que Dieu désire le salut de tous les hommes, ce n’est
pas un mystère, c’est tout simplement une contradiction. C’est
impossible. Car dans la croix, tout ce qui est positif; salut …
bienfait … amour … etc. … ne s’adresse qu’aux élus seulement.
La croix nous révèle le plan de Dieu pour le salut. Si par la
prédication, la possibilité du salut prend un sens plus large que
celui que la croix lui donne, alors c’est nier le rachat particulier.
L’évangile, c’est la Bonne Nouvelle de Dieu concernant la promesse;
de faire connaître aux héritiers de la promesse (les élus), le salut!
C’est le
coté positif de la croix et du rachat.
Mais l’autre
coté de la médaille, c’est que la croix représente aussi le
jugement. Le jugement autant que le salut! La colère autant que la
faveur était révélée dans la croix et proclamée par l’Évangile
de Christ crucifié. En effet, il n’y a rien de positif à la croix
pour les perdus. Mais ça ne veut pas dire que c’est sans
signification pour eux. La colère de Dieu est révélée à la croix,
autant que l’amour de Dieu.
En pensant à
la mort qu’Il allait subir, notre Seigneur Jésus-Christ pouvait dire
les paroles suivantes dans Jean 12:31: «Maintenant a lieu le
jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.»
Notre Seigneur Jésus l’avait répété clairement qu’il était venu
pour un jugement (Jean 9:39 et Matthieu 21:21-43, etc.), mais nous
devons nous rappeler que la première venue du Seigneur appartient au
«Grand Jour du Seigneur» dont les prophètes ont parlé souvent, le
reliant au jugement de Dieu: «déjà la cognée est mise à la
racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit sera
coupé et jeté au feu» (Matthieu 3:10). L’apôtre Paul
réfère au même élément de jugement de la croix dans Colossiens
2:14-15: «il a effacé l’acte dont les ordonnances nous
condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le
clouant à la croix; il a dépouillé les dominations et les autorités,
et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par
la croix.»
Laissez-moi,
brièvement, vous donner un aperçu de cette idée.
À la croix
il y avait un procès. Ce n’était pas juste le procès de Jésus. C’était
le procès du monde par Dieu. Le monde en dehors de Christ, le monde des
hommes pécheurs, le monde dans leur état de péché et de culpabilité,
le monde des hommes tels qu’ils sont dans la présente création avec
leurs moyens de subsistance de développement et de «culture»; ce
monde était en procès. Le monde entier des hommes, tels qu’ils sont
en Adam, par nature, ensemble avec le prince de ce monde, le diable, et
tous les anges déchus, les principautés et les puissances, le monde
entier, notre monde (séparé de Christ) en alliance et sous la
domination morale du prince des ténèbres … tous ce monde en procès
devant Dieu le Grand Juge. Dieu les a convoqués là. Il contrôle les
évènements entourant les souffrances et la mort de Christ. En dépit
des mains meurtrières, rappelez-vous que Christ est allé à la croix,
selon le Conseil et la Prescience de Dieu.
Le monde au
complet sous tous ses aspects était en procès. Le monde était bien
représenté … par l’apôtre Judas … la religion par le Sanhédrin
… la société par la multitude … la sagesse et la justice ainsi que
la puissance politique et militaire par le régime Gréco-Romain.
La raison de
ce procès était de les exposer publiquement en spectacle (Colossiens
2:15). Ils portaient un masque de justice, de sagesse, de religion et de
jurisprudence (Romains 10:3). Ils ne pouvaient aller en enfer avec un
masque. Ce masque a été enlevé par Dieu. Dieu a accompli cela en Se
tenant devant «eux» dans la personne de Jésus-Christ fait homme, sans
puissance, et en les confrontant avec cette question: Que ferez-vous de
Dieu? Que ferez-vous de Dieu, s’il se tient devant vous comme un
simple homme, un homme sans épée, un homme sans armée, un homme sans
défense aucune, sinon la défense de la justice, un homme qui ne
combattra pas contre vous … «Il n’a point ouvert la bouche.»
… Que ferez-vous de Dieu?
Ils étaient
interpellés à répondre à cette question. Ils ont essayé de se
défiler. Par exemple, Pilate a tenté de différentes manières de ne
pas répondre à cette question cruciale. Mais le juge du ciel et de la
terre insistait: Donnez une réponse!
Et ils ont
répondu: Nous le tuerons! Nous le crucifierons à la croix!
À la croix
le verdict du juge du ciel et de la terre a été rendu et exécuté.
Quand le procès fut terminé, Dieu a répandu le fiel de sa colère.
Seule la Parole (l’Agneau de Dieu) fut trouvée digne de subir la
colère de Dieu; et l’exécution a suivi au Golgotha, «dans la croix,
dans les ténèbres, dans la réalité effrayante d’être abandonné
par Dieu.» Christ était au centre de tout ça. Christ représentant
les Siens, Christ représentant les élus de Dieu, Il était au centre
du déversement terrible du jugement et de la colère de Dieu. Et tout
le fiel de la colère de Dieu était concentré dans une «heure» …
«l’heure» de jugement. Et Dieu était là, à la place de tous ceux
qui étaient élus, portant Sa propre colère dans un corps comme le
nôtre.
Quels furent
les résultats?
Le monde
lui-même, le monde séparé de Christ, était condamné! Voilà ce que
la croix révèle aussi. Le voile est déchiré: Dieu quitte le temple
et Israël est abandonné. La terre tremble, les pierres se séparent,
signifiant que ce monde doit disparaître. C’est même évident à
travers les deux voleurs à la croix: seulement un a été sauvé,
couvert par la croix de Christ.
Mais tous
ceux couverts par l’amour de Dieu, par l’élection de Dieu, ceux-là
sont justifiés.
Le jugement
est passé. Le dernier jour, le jour de la révélation du jugement de
Dieu, révèle la condamnation du monde en lui-même, et la
justification du monde en Christ.
À cette fin
l’église doit prêcher l’Évangile de la grâce souveraine
révélée dans Christ crucifié. À cette fin, l’église doit
prêcher l’Évangile de Christ crucifié: une pierre d’achoppement
pour les Juifs, une folie pour les Grecs (pour l’homme naturel, qu’il
soit Juif ou Grec, la puissance de la condamnation de Dieu); mais à
ceux qui sont appelés ou élus, autant Juif que Grec, la puissance et
la sagesse de Dieu en Christ.
L’aspect
négatif de la croix et l’aspect négatif de l’évangile sont pour
la plupart, oubliés ou mis de coté. L’église ne désire pas être
obéissante à demeurer fidèle à son appel de prêcher un évangile
négatif autant qu’un évangile positif. L’église ne prêche plus
Christ crucifié comme étant la puissance de Dieu, comme étant
vraiment Dieu. L’église préfère prêcher un Christ et un salut, qui
dépend de la volonté et du choix du pécheur.
III. L’importance
de Garder Cette Vérité
Cette
vérité précieuse doit être gardée. Elle doit être gardée en ce
qui concerne le rachat, et elle doit être gardée en ce qui concerne l’aspect
négatif de la croix.
C’est
important pour nous, en premier lieu, comme croyants individuels.
À se
rappeler: un Christ pour «tous» est en réalité, un Christ pour «personne».
Vous devez choisir entre un rachat général, qui en fait n’est pas un
rachat, et un rachat limité qui est réel et efficace. Après tout, si
le rachat de Christ est pour tous les hommes, alors tous les hommes
doivent être sauvés. Même les Arminiens qui soutiennent un rachat
général, savent très bien que tous les hommes ne sont pas sauvés. D’où
ce discours qu’ils tiennent en disant: Christ est mort pour tous, mais
tous les hommes ne sont pas justifiés et sauvés. Quel en est le
résultat? C’est que le rachat de Christ était inefficace. Je ne peux
être assuré du rachat d’aucun homme, même pas le mien. Ainsi le
croyant est privé de la certitude du rachat dans la mort à la croix.
En deuxième,
c’est important pour l’église et la proclamation de l’évangile.
Je suis bien conscient que c’est un peu «étrange» de souligner ça
aujourd’hui. De proclamer un Christ pour «tous» et l’amour de Dieu
pour «tous» semblerait si humain et un son si doux à entendre. Et c’est
devenu si populaire. On prétend qu’il est impossible de prêcher et
de faire l’œuvre missionnaire sans un évangile général et un salut
général. Au fond, cependant, le problème est, que les hommes ne
veulent pas mettre leur confiance en la croix qui est la puissance de
Dieu! Ils ne croient pas non plus que Dieu utilisera sûrement la
proclamation générale d’une promesse particulière pour rassembler
et sauver Son église élue.
Mais
rappelez-vous que la portée de l’évangile ne peut être plus large
que la satisfaction et la justification objective de la croix de notre
Seigneur Jésus-Christ. Si vous tenez à une offre bien intentionnée et
générale, vous devez si vous êtes cohérent, embrasser la doctrine du
rachat universel.
La preuve,
vous en êtes témoin, est déjà ici.
Ainsi donc,
nous devons demeurer à cent pour cent dans la vérité de nos
confessions Réformées, avec respect pour le rachat et la prédication.
Et si nous nous sommes éloignés de tout ça, nous devons y revenir et
abandonner ce qui est faux.
Que Dieu
éclaire vos cœurs et le mien, pour sa plus grande gloire.
La
Grâce Irrésistible
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