Chapitre II: Élection Inconditionnelle
(Unconditional Election)
Herman Hanko
Ce qui suit est un document de la doctrine de la
divine prédestination:
Que Dieu, dans son conseil éternel et inchangeable
en son Fils Jésus-Christ, avant la fondation du monde, avait
déterminé, que parmi cette race perdue, d’homme pécheurs, de
sauver en Christ, pour Christ et à travers Christ, ceux qui, par la
grâce du Saint Esprit, croiraient en son Fils Jésus, et
persévèreraient dans cette foi et l’obéissance de la foi, par
cette grâce, jusqu’à la fin; et, d’autre part, de laisser les
incroyants et les incorrigibles dans leur péché et sous la colère,
et de les condamner comme aliénés de Christ, selon la parole de l’évangile
de Jean 3:36: «Celui qui croit au Fils a la vie éternelle;
celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère
de Dieu demeure sur lui» et selon d’autres passages de l’Écriture
aussi.
Il peut être d’un grand intérêt de demander à
nos lecteurs s’ils considèrent cette description particulière de la
prédestination comme une définition acceptable de la doctrine. En
effet, même si certains parmi eux trouvent cette définition acceptable
et précise selon les Écritures, ce serait seulement un témoignage
éloquent que la doctrine de l’élection est rendue étrangère à l’Église
Réformée d’aujourd’hui. Le fait est, que cette citation est le
premier point composé par les Arminiens dans la première partie du 17ième
siècle, qui avec quatre autres points de doctrine, furent soumis par
les Arminiens aux Églises Réformées des Pays-Bas, pour avoir leur
considération et leur approbation. Quand nos Pères ont considéré ce
document à propos de la doctrine d’élection, ils le rejetèrent
comme étant emphatiquement une hérésie; ils composèrent en réponse
à cette hérésie, le premier chapitre des Canons de Dordrecht.
Quelques-uns peuvent poser la question suivante:
«Qu’y a-t-il de si mauvais dans cet énoncé?» Ce n’est peut-être
pas concevable, que nos Pères et les Églises Réformées, qui ont
rejeté ce document furent trop rigides au sujet d’eux-mêmes et des
détails mineurs et insignifiants? N’est-ce pas après tout, une
définition acceptable de la doctrine d’élection, sur laquelle base,
nous devons nous tenir? La réponse de nos Pères fut un «NON
emphatique et véhément»! Ce qui doit être notre réponse aussi!
Si nous citons l’élément clé de cette citation,
peut-être que l’erreur qu’il contient sera clarifié.
Que Dieu avait déterminé de sauver en Christ, ceux qui croiront
en son Fils Jésus, et qui persévèreront dans cette foi et
obéissance de la foi même jusqu’à la fin.
C’est cette phrase en particulier à laquelle nos
Pères se sont objectés. L’objection était que, même si cette
citation des Arminiens se couvre d’un langage scripturaire et
Réformé, néanmoins, c’est introduire dans la foi des églises
Réformées, la doctrine de l’élection conditionnelle: élection
basée sur la prévoyance de la foi et de la persévérance, dans la foi.
Et nos Pères ont insisté encore et encore contre ce document, disant
que la vérité des Écritures, des Confession Réformées et des
Églises Réformées, depuis l’époque de la Réforme Protestante,
était la vérité de l’Élection Inconditionnelle.
Cette vérité est le sujet de ce chapitre.
C’est évident que les Cinq Points du Calvinisme
dont parle cette brochure, sont importants. En effet, si n’importe
lequel de ces cinq points du Calvinisme est nié, l’héritage
Réformé est perdu complètement. Il est certain que la vérité de l’Élection
Inconditionnelle est la fondation de chacun des points. Cette vérité
est la pierre d’assise de la Foi Réformée. C’est la base de la
vérité de Dieu concernant notre salut. C’est le cœur et le noyau même
de l’Évangile. C’est la base de toute la consolation et l’assurance
du peuple de Dieu au milieu de ce monde. Elle seule inspire dans les cœurs
des fidèles la brûlante espérance de la vie éternelle. C’est sans
doute, précisément pour cette raison, qu’aucune autre vérité dans
toute l’histoire de l’église, n’a été attaquée aussi
vicieusement, et avec autant de constance, que la vérité de l’Élection
Inconditionnelle. Mais aucun homme ne peut prétendre être un
Calviniste ou un Réformé, sans être fermement engagé à garder cette
précieuse vérité.
Nous discuterons de cette vérité en posant et
répondant aux trois questions suivantes:
-
Que signifions-nous par Élection Inconditionnelle?
-
Quels sont les démentis de cette vérité?
-
Quelle est son importance pour l’église?
I. Que signifions-nous pas Élection
Inconditionnelle?
Avant de procéder à définir ce que veut dire
Élection Inconditionnelle, c’est important de retracer brièvement l’historique
de cette vérité dans l’église. Nous sommes généralement portés
à retracer cette vérité de l’élection inconditionnelle au temps de
la Réforme de Calvin. Mais ce ne fut pas Calvin qui fut le premier à
développer cette vérité. Tout comme avec la vérité de la
Dépravation Totale, ainsi en est-il pour cette vérité. Saint Augustin,
qui vécut il y a plus de mille ans, au 5ième siècle A.D.,
fut le premier à en parler. Si nous prenons un moment pour y penser ce
n’est pas surprenant. La position d’Augustin était, que l’homme
est totalement dépravé. Il signifiait par ça, que l’homme est
incapable de faire le bien, quel qu’il soit. Et plus encore, que l’homme
est incapable de faire quoi que ce soit qui contribuerait à son salut.
En réponse donc, a la question, comment les hommes sont sauvés,
Augustin répondit que la puissance du salut doit être trouvée dans la
puissance de la grâce souveraine non méritée. Il n’y a aucune autre
puissance de salut que celle-ci. Mais immédiatement, la question se pose: si la
puissance du salut se trouve dans la puissance de la grâce souveraine
non méritée, ne dépendant nullement de l’homme, comment se fait-il
alors, que certains hommes sont sauvés et d’autres ne le sont pas ?
Augustin trouva la réponse à cette question dans le décret de l’élection
et de la réprobation. Il développa cette vérité comme un des
éléments dans sa réponse à l’erreur du Pélagianisme.
C’est triste à dire, mais cette vérité ne fut
jamais officiellement acceptée pas l’Église Catholique Romaine, dans
la forme qu’Augustin lui avait donnée. Même si Rome reconnaît
Augustin comme un des Pères de l’église, ses doctrines ont vite
été perdues. Dans les années mornes entre Augustin et Calvin, très
peu ont maintenu cette vérité avec l’emphase qu’Augustin y avait
placée. Un tel homme était Gottschalk, un théologien allemand, qui,
après avoir lu Augustin, devint convaincu de la vérité de la
souveraine prédestination. Mais il fut emprisonné pour l’enseigner
et il en paya le prix ultime de la mort martyre, pourrissant dans une
prison infecte de France, et condamné par l’Église.
Ce ne fut point avant la période de la Réforme
Protestante que la vérité de la souveraine prédestination fut mise de
l’avant. Luther le croyait, le maintenait et l’enseignait avec
emphase. Mais Luther n’en fit jamais une partie intégrale de sa
théologie. Le souci d’importance capitale pour Luther, était la
vérité de la justification par la foi; et il ne développa point cette
vérité de la prédestination souveraine dans toute son ampleur
scripturaire.
Ce travail fut effectué par Jean Calvin. Et en effet,
la raison pour laquelle Calvin fut détesté, c’est qu’il demeura
inébranlable dans sa position sur la vérité de l’Élection
Inconditionnelle.
Cette vérité devint donc alors, une partie
importante de la confession de toutes les églises qui suivent la
théologie de la réforme de Genève. La vérité de l’élection
inconditionnelle est incorporée dans toutes les Confessions des
Églises Réformées et Calvinistes non seulement en Europe, mais
également dans ce pays.
Ce fut dans la dernière partie de l’époque de la
Réforme et au début du 17ième siècle que cette vérité
fut attaquée par Arminius. Il était professeur de l’Université
Réformée de Leyde, il avait étudié à l’Académie de Genève; mais
néanmoins il répudia ouvertement la vérité de la prédestination.
Mais, comme il arrive si souvent quand une hérésie est introduite dans
l’église de Christ, ainsi en est-il dans ce cas-ci; Arminius et ceux
qui le supportaient, ont essayé d’apporter leur enseignement dans l’Église
sous la bannière de la Foi Réformée. Ils tentèrent d’apporter leur
hérésie comme étant l’enseignement des Écritures, réclamant que
ça devait devenir la confession des Églises Réformées. Mais nos
Pères s’opposèrent et démontrèrent, non dans un langage incertain,
que l’élection conditionnelle des Arminiens n’était pas la
vérité des Écritures, non plus l’héritage de la Réformation
Calviniste et Réformée.
Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi les
Arminiens enseignaient l’élection conditionnelle. Tout d’abord
ils ne croyaient pas en la Dépravation Totale. Ils voulaient préserver
en l’homme, la liberté de volonté—la capacité de la volonté de l’homme
de choisir le bien, d’accepter l’offre de l’Évangile. C’était
leur argument que Dieu, de sa part, aimait tous les hommes, que la haine
et la colère étaient étrangères à la nature de Dieu; que c’était
l’intention et le désir de Dieu de sauver tous les hommes et qu’ainsi,
Dieu rendait le salut disponible et accessible à tous les hommes par la
rédemption universelle—une croix universelle sur laquelle Christ est
mort pour les péchés de chaque homme. Mais il est clair que dans un
système tel que proposé par les Arminiens, il n’y avait aucune place
pour l’Élection Inconditionnelle. Tandis que les Arminiens tentaient
de maintenir un langage Réformé et Scripturaire en parlant d’élection,
ils tranchèrent le cœur de cette importante et merveilleuse vérité
en insistant sur l’élection conditionnelle. Dieu choisit ceux
qu’Il sait d’avance vont croire, disaient les Arminiens. L’élection
de Dieu sera pour ceux qu’Il sait d’avance vont accepté l’évangile
qui leur sera offert. L’élection de Dieu sera pour ceux qu’Il sait,
que par un acte de leur propre volonté accepteront l’évangile et
persévèreront dans l’acceptation de l’évangile et vont garder
cette foi qu’ils ont exercée. L’élection est basée sur l’œuvre
de l’homme.
C’était précisément cette description de la
vérité de l’élection à laquelle nos Pères se sont opposés avec
tellement d’énergie. Ils l’ont vu, non comme un point mineur ou un
détail insignifiant de la vérité, pour laquelle il y avait place dans
les Églises Réformées. Ils l’ont vu comme une menace à la vérité,
comme un enseignement qui enlevait le cœur de l’entière vérité de
la Parole de Dieu. Ils ont vu qu’elle détruisait la vérité de l’œuvre
de Dieu dans le salut, telle qu’enseignée par les Écritures. Et
alors, ils insistèrent que l’élection est inconditionnelle.
Que veut-on dire par élection?
Il y a plusieurs mots employés dans les Écritures
pour définir cette vérité. Le mot «élection» lui-même est
employé dans Romains 9:11-12:
… car, quoique les enfants ne fussent pas
encore nés et qu’ils n’eussent fait ni bien ni mal, afin que le
dessein d’élection de Dieu subsistât, sans dépendre des œuvres,
et de celui qui appelle, il fut dit à Rébecca: L’aîné
sera assujetti au plus jeune.
Deux autres mots «connu d’avance» et «prédestiné»
sont employés dans Romains 8:29-30:
Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a
aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils,
afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et
ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il
a appelés il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés,
il les a aussi glorifiés.
Quand les Écritures parle d’élection c’est
évident que ça réfère au dessein de Dieu. Dans l’épître de Paul
aux Éphésiens, l’apôtre décrit l’élection en ces termes:
Béni soit Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles
dans les lieux célestes en Christ! En lui Dieu nous a élus
avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et
irrépréhensibles devant lui … nous faisant connaître le mystère
de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé
en lui-même … En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant
été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère
toutes choses d’après le conseil de sa volonté (Éphésiens
1:3-4, 9-11).
Si nous devons comprendre la vérité de l’élection,
nous devons discuter brièvement de la vérité du dessein de Dieu. Il
nous faudrait prendre trop de place pour discuter de cette vérité en
détail, mais quelques remarques doivent être faites.
Premièrement, c’est important de noter que le
dessein de Dieu ne peut être comparé à un plan, comme on le fait si
souvent. Nous parlons du dessein de Dieu comme d’un plan; mais il est
possible que quand nous utilisons cette terminologie nous gardons en
pensée quelque chose comme le plan d’un architecte qui fait le dessin
d’une construction proposée. Le dessein de Dieu n’est pas ce genre
de plan. Ce n’est pas écrit sur un morceau de papier et classé en
filière quelque part dans le ciel. Le dessein de Dieu n’est pas non
plus, un certain genre de plan semblable à une ligne de conduite que
nous avons en tête. Si nous avons l’intention d’aller en voyage,
par exemple, nous faisons nos plans pour ce voyage. Mais ce n’est pas
ainsi que nous devons considérer le dessein de Dieu.
Plutôt, le dessein de Dieu est Sa propre volonté
vivante. C’est la volonté vivante du Dieu du ciel et de la terre. C’est
la vérité fondamentale de laquelle, tout le reste de la vérité du
dessein de Dieu suit nécessairement. Nier cette vérité, c’est nier
le dessein de Dieu dans son entier.
Deuxièmement, le dessein de Dieu est éternel. La
volonté de Dieu est la volonté du Dieu éternel. Si Dieu est éternel
et que sa volonté est éternelle, Son dessein est également éternel.
Bref, cela veut dire que Dieu n’est jamais sans Son dessein. La
création et le monde ont un commencement. Dieu n’en a pas ! Il est
au-dessus du temps, il n’est pas affecté par les changements du temps
… Il demeure dans la sérénité de l’éternité. Ce qui est vrai de
Dieu est vrai de Son dessein.
Troisièmement, parce que le dessein de Dieu est Sa
volonté vivante, le dessein de Dieu est aussi absolument inchangeable.
Malachie 3:6: «Car je suis l’Éternel, je ne change pas; Et vous,
enfants de Jacob, vous n’avez pas été consumés.» L’immutabilité
de Dieu dans son être est aussi l’immutabilité de Son dessein
éternel. Il n’y a rien qui puisse altérer Son dessein; rien qui
puisse obliger Dieu à le réviser à tous égards; rien qui peut
introduire dans Son dessein un quelconque amendement ou altération. C’est
éternel et inchangeable. Nous employons parfois l’expression: «La
prière change les choses.» Mais ce n’est pas clair ce que nous
voulons dire par cette expression vague et ambiguë. Si nos prières
pouvaient changer le dessein de Dieu, que Dieu ne ferait pas ce qu’Il
a déterminé originalement, alors cette expression doit être
condamnée. Il n’y a rien qui peut ou qui change le dessein de Dieu.
Quatrièmement, parce que le dessein de Dieu est Sa
volonté vivante, il est souverainement efficace. Et tout ce que Dieu a
déterminé de faire dans Son dessein, sera également fait. Aucune
puissance ne peut le frustrer. Toutes puissances appartiennent à Dieu.
Aucune éventualité de la vie ne pourrait empêcher le dessein de Dieu
de se réaliser. Tout ce que Dieu a déterminé de faire dans Son
dessein éternel et immuable se réalisera avec une précision absolue
comme Il l’a décidé avant la fondation du monde.
Cinquièmement, le but du dessein de Dieu, la raison
pour laquelle il établit Son dessein, il le fait pour glorifier son
nom. Dieu est déterminé à se glorifier Lui-même. Non pas parce qu’il
a besoin de cette gloire pour rendre sa vie plus parfaite. Non pas parce
que sa gloire est incomplète. Non pas, parce qu’en regard avec ce qu’il
a déterminé de faire dans Son dessein, cela rendrait sa gloire plus
riche et plus complète qu’elle ne l’est. Mais seulement parce qu’Il
a choisi de révéler la gloire de Son propre nom, afin que Sa gloire
soit reconnue. Tout ce que Dieu fait, en effet, est déterminé par la
recherche de la gloire de son propre nom.
Mais Dieu, selon les Écritures désire se glorifier
lui-même en Christ. C’est l’aspect principal de ce beau passage
dans Éphésiens; 1, qui parle de l’élection. Dieu détermine de
faire connaître Sa gloire, mais à travers Christ. Par Christ, en ce qu’Il
est né d’une vierge et a habité parmi nous; par Christ, en ce qu’il
a souffert et est mort sur la croix; par Christ, en le ressuscitant des
morts dans la puissance et la gloire; par Christ, comme il est exalté
au plus haut des cieux; par Christ, Il reviendra à la fin des temps
pour établir sa justice et son royaume éternel; à travers cela,
Christ Dieu, révèle toute la gloire de Son propre être divin. Christ
est l’entière révélation de la gloire de Dieu.
Voilà ce qui nous amène au cœur de notre sujet,
parce que, aussitôt que nous disons «Christ» nous disons aussi «l’Élu.»
Il n’y pas de Christ à part de l’élu. Il est né à Bethlehem,
dans une chair comme la nôtre. Il est mort sur la croix à la place de
Son peuple, pour satisfaire à la justice de Dieu qui exigeait le
châtiment pour le péché. Il est ressuscité du tombeau, comme
vainqueur sur la mort pour Son peuple. Il est dans les lieux célestes
à la droite de Dieu, priant pour Son peuple et préparant toutes choses
afin que Son peuple puisse venir à Lui dans la gloire éternelle.
Toutes ces choses sont vraies, parce que les Élus sont choisis en
Christ avant la fondation du monde. Autant Dieu détermine de se
glorifier Lui-même en Christ, autant Dieu détermine de se glorifier
Lui-même dans un peuple élu, lequel Il a choisi en Christ et qui est
destiné à demeurer pour toujours avec Christ dans la vie éternelle.
C’est la vérité sur le dessein de Dieu. Tout ce
que nous avons dit concernant le dessein de Dieu doit être dit
également concernant la prédestination en lien avec l’élection et
la réprobation.
L’élection, alors, est ce décret de Dieu fait de
toute éternité, par lequel, avec sa liberté souveraine, Il choisit
pour Lui-même, un peuple, sur lequel Il détermine de mettre son amour,
lequel il délivre du péché et de la mort par Jésus-Christ, dans
Lui-même dans la gloire éternelle.
Cette élection est souveraine, par le choix libre et
souverain de Dieu. Cette élection est éternelle comme le dessein de
Dieu est éternel. Cette élection est inchangeable comme le dessein de
Dieu est inchangeable. Cette élection est efficace, afin que le décret
de l’élection lui-même soit, par Christ, la puissance par laquelle
les Élus sont actuellement sauvés.
L’élection est donc définie et particulière.
Soulignons davantage ! Certains maintiennent que l’élection est un
choix général de la part de Dieu, et qu’il prend la décision d’en
sauver quelques-uns. Mais qui sont ces gens que Dieu a décidé de
sauver exactement, ne sont pas déterminés par le décret de l’élection.
C’est encore une fois la veille ruse familière des Arminiens. Ils
disent que Dieu en sauvera quelques-uns; mais ceux qu’Il sauvera, le
seront dépendamment de ce que l’homme lui-même fera de l’offre de
l’Évangile. Ceci n’est pas l’élection dont parlent les
Écritures et l’héritage Réformé. Dieu connaît les siens depuis
avant la fondation du monde, Il les choisit, connaissant leurs noms qui
sont déjà inscrits dans le Livre de Vie. C’est ainsi que chacun se
tiendra éternellement devant le cœur et la pensée de Dieu et sera l’objet
de Son amour.
Or cette élection est inconditionnelle. Nous croyons
en l’élection inconditionnelle. Et c’est cette vérité de l’élection
inconditionnelle qui doit être maintenue en opposition à l’hérésie
Arminienne qui enseigne que l’élection est conditionnelle.
Une fois de plus, il doit être clair que cette
vérité de l’élection inconditionnelle n’est pas simplement une
distinction subtile, un détail mineur et insignifiant. Quand nos Pères
ont insisté sur cette vérité, ce n’était pas leur intention de
fendre les cheveux en quatre, ce dont ils ont été souvent accusé de
faire. En proposant cette hérésie, les Arminiens détruisaient au
complet l’œuvre de Dieu dans le salut. Vous pouvez être assuré que
c’est encore vrai aujourd’hui. C’est cruellement injuste d’accuser
ceux qui maintiennent la vérité de l’élection inconditionnelle d’être
coupables de s’attacher à des détails insignifiants de la vérité.
Le fait est, qu’à moins de maintenir l’élection inconditionnelle,
il n’y a pas d’élection du tout. En rendant l’élection
conditionnelle, le cœur est retranché de la vérité du salut, parce
que, alors, la puissance de la grâce souveraine est niée comme étant
la puissance par laquelle Dieu sauve ceux qu’Il a choisis pour être
les Siens. La rédemption particulière ou le rachat limité est
démenti, même si cette vérité est enseignée sur chaque page de l’Écriture.
En conséquence, la corruption totale est rejetée et beaucoup de bonnes
choses sont trouvées en l’homme, et la principale est son habilité
à participer à l’œuvre du salut. Et c’est l’élection
conditionnelle, qui ouvre la voie à toutes les autres hérésies. Tout
entre en ligne de compte. Car, quand le choix de Dieu n’est pas
souverain, mais dépend de ce que l’homme fera du salut que Dieu lui
offre tendrement, ce salut ne peut lui appartenir, à moins que de sa
propre volonté, l’homme accepte ou refuse l’offre du salut.
En passant, ce n’est pas exagéré de dire que la
position des Arminiens est extrêmement mêlée et complexe. C’est
difficile, pour ne pas dire plus, de comprendre la position Arminienne.
Il y a tellement de questions auxquelles les Arminiens ont choisi de ne
pas répondre, en donnant comme excuses que ce sont des «contradictions
apparentes.» Par exemple, si Dieu désire sauver tous les hommes, et
que tous les hommes ne sont pas sauvés, le but de Dieu serait-il
déjoué par l’homme? Le Tout Puissant Souverain du ciel et de la
terre peut-il être renversé par la force médiocre de l’homme? La
réponse inévitable à cette question embarrassante est: « C’est
une contradiction apparente que nous ne pouvons expliquer.» Mais
sûrement, pour contrer cette position complexe et mêlée des Arminiens,
la vérité de l’Écriture est claire et facile à comprendre. Que les
hommes soient en accord ou pas, après tout, ce n’est pas ce qui
importe. Mais les hommes peuvent très bien le comprendre. Même un
enfant peut comprendre, tellement c’est simple. Ça évite tous les
pièges et les questions embarrassantes de la position Arminienne.
Peu importe, c’est la vérité de l’élection
inconditionnelle qui doit être maintenue! Qu’est-ce que cela signifie?
En premier (et négativement) cela signifie que dans
les décrets de l’élection, Dieu choisit sans égards à ce qui se
trouve en l’homme. Il n’a pas basé son choix sur l’homme d’aucune
façon. Non sur sa bonté, ses œuvres, sa foi, sa sainteté; non sur sa
fidélité à l’Évangile. Il ne pouvait être trouvé en l’homme
rien de bon. C’était un libre choix, un choix souverain de Dieu. Il
fit son choix sans considération aucune de l’homme. L’apôtre Paul
exprime ceci dans Romains 9:10-13. Paul parle de Jacob et d’Ésaü,
les enfants d’Isaac et de Rébecca. Il écrit:
Et, de plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul
Isaac notre père; car, quoique les enfants ne fussent pas encore
nés et qu’ils n’eussent fait ni bien ni mal, afin que le
dessein d’élection de Dieu subsistât, sans dépendre des
œuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle, il fut dit
à Rébecca; L’aîné sera assujetti au plus jeune; selon qu’il
est écrit: J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü.
La même vérité fut exprimée dans l’Ancienne
Alliance, lorsque Israël fut amené aux frontières de Canaan. Dieu dit
à Israël par Moïse dans Deutéronome 7:7- 8:
Ce n’est pas point parce que vous surpassez en nombre tous les
peuples, que l’Éternel s’est attaché à vous et qu’il vous a
choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais parce
que l’Éternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment
qu’il avait fait à vos pères, l’Éternel vous a fait sortir
par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude,
de la main de Pharaon, roi d’Égypte.
Le choix de Dieu n’était pas basé sur les
caractéristiques distinctives d’Israël qui mettaient cette nation à
part des autres nations. La seule raison pour laquelle Dieu a choisi
Israël était parce que Dieu l’aimait. Son choix était libre et
souverain.
Deuxièmement et positivement, cette élection est
basée uniquement sur le bon plaisir de Dieu. Cette vérité est
démontrée dans Éphésiens 1:4-5:
En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que
nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant
prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par
Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté.»
C’est la seule base pour l’élection. Dieu a
choisi ceux qu’Il a choisis parce qu’il lui semblait bon de le
faire. C’était son bon plaisir. C’était le bon plaisir de Son
éternelle et inchangeable volonté. C’est ainsi parce que Il avait
déterminé de se glorifier Lui-même à Sa manière, par un peuple qu’Il
se choisirait.
Troisièmement, cela veut dire que toutes les
bénédictions du salut se rattachent au décret de l’élection. Nous
ne sommes pas choisis parce que nous croyons, mais plutôt parce que
Dieu est heureux de nous choisir. Et la foi et la persévérance dans la
foi sont des bénédictions qui nous sont données à travers l’élection.
L’élection est la fontaine de chaque bonne œuvre. Nos Canons (comme
on s’y attend) insistent sur ceci très fortement.
Quant à ce que Dieu donne en son temps la foi à certains et
ne la donne point aux autres, cela procède de son décret éternel
( I:6).
Cette élection n’était pas fondée sur une foi
«prévue», sur l’obéissance de la foi, la sainteté ou toute autre
belle qualité ou disposition en l’homme, comme un pré requis, une
raison ou une condition sur laquelle dépendait l’élection; mais aux
hommes choisis, est donnée la foi, l’obéissance à la foi, la
sainteté, etc…donc l’élection est la fontaine de tout bien
salutaire, de laquelle découlent la foi, la sainteté et tous les
autres dons du salut, et finalement la vie éternelle même, comme les
fruits et les effets … (I:9).
Relié à ceci, un mot doit être rajouté concernant
la vérité de la réprobation, même si l’espace ne nous permet pas d’entrer
dans les détails.
En premier, il faut souligner que la vérité de l’élection
et de la réprobation se tiennent ou tombent ensemble. Nier l’élection,
c’est nier la réprobation. Nier la réprobation, c’est nier l’élection.
De croire en l’élection, c’est aussi de croire en la réprobation.
De croire en la réprobation, c’est de croire en l’élection. Il n’y
a aucun compromis sur ce point. Calvin a une très belle citation sur ce
sujet dans ses Instituts. Il écrit dans le Livre III, Chap.
XXIII, Para. 1:
Plusieurs, en effet, comme s’ils voulaient écarter la haine de
Dieu, admettent l’élection de manière à nier la réprobation.
Mais c’est à la fois puéril et absurde, parce que l’élection
elle-même ne peut exister sans être en opposition avec la
réprobation. Dieu sépare ceux qu’Il a l’intention d’adopter.
Ceux qu’Il laisse de coté, Il les réprouve, pour aucune autre
raison que sa détermination à les exclure de l’héritage qu’Il
prédestine pour ses enfants. Or l’irritabilité des hommes est
intolérable, si elle n’accepte pas d’être retenue par la
Parole de Dieu, qui traite de son dessein incompréhensible, adoré
par les anges eux-mêmes.
Ceci est le Calvinisme et la Foi Réformée.
Deuxièmement, le décret de Dieu sur la
réprobation, est aussi un décret de Son dessein souverain, éternel et
inchangeable. Selon ce décret, Dieu détermine de révéler Sa justice,
Sa colère, Sa haine du péché, ainsi que la sainteté de Son propre
être divin, dans des vaisseaux de colère préparés pour la
destruction et le châtiment éternel de l’enfer, à cause de leurs
péchés.
C’est la vérité de la réprobation.
II. Quels sont les démentis de cette vérité ?
Il n’est pas surprenant du tout que cette vérité
de la prédestination soit niée presque universellement. Ce qui est
triste, c’est que cette vérité est niée même par ceux qui arborent
le drapeau Réformé et qui se réclament d’être Calvinistes. C’est
une tromperie!
Cette vérité est niée de plusieurs manières.
Nous avons déjà discuté sur le démenti des
Arminiens. Aujourd’hui, il est évident que ceux qui adoptent la
position des Arminiens ne parlent plus aucunement de la prédestination.
Cette vérité est perdue, et principalement chez les Arminiens ou il n’y
a pas de place pour la prédestination.
D’autres nient cette vérité en gardant le silence
à son sujet. C’est peut-être la forme la plus commune retrouvée
chez les Réformés. Ils disent y croire, mais ils omettent
catégoriquement d’y faire allusion dans leur prédication, leur
enseignement et leurs écrits. L’idée est de faire mourir cette
doctrine par le silence. Ça devient un démenti de la prédestination.
La justification de ce silence serait que la prédestination appartient
aux choses cachées de Dieu, et qu’il est préférable de se
préoccuper des choses qui nous sont révélées à nous et à nos
enfants. Ceux qui prennent cette position insistent qu’ils croient à
la prédestination, mais si ils gardent le silence, c’est qu’ils ne
veulent pas chercher à découvrir des choses secrètes qui ne les
concernent pas. Mais tout ça n’est simplement pas vrai. Si Dieu n’a
pas révélé spécifiquement qui sont ses élus individuellement,
néanmoins, la vérité de l’élection elle-même se trouve sur chaque
page de l’Écriture. Tournez, peu importe la page, et si cette
doctrine n’est pas énoncée explicitement, elle est néanmoins
présupposée. Et parce que cette vérité est révélée si clairement,
elle doit être aussi la confession du peuple de Dieu.
D’autres vont nier carrément l’élection. Non
seulement parmi les modernistes, mais aussi dans les cercles Réformés.
La citation suivante est prise du Journal Réformé, de janvier
1967, comme exemple de ceci:
Qu’en est-il de la réprobation et du rejet de Dieu? Logiquement
l’élection n’implique-t-elle pas le rejet? L’élection ne
signifie-t-elle pas sélection? L’élection d’Israël, même si
parfois elle est mal comprise par le peuple eux-mêmes, signifie
finalement qu’ils étaient appelés au service des autres nations.
Par conséquent, il n’était pas question que les autres nations
soient exclues pour toujours, mais de Dieu élisant Israël pour
rejoindre les autres nations. Dans un sens biblique, l’élection
sous-entend le service, mais apparemment ça ne veut pas dire le
rejet …
Il y a deux points principaux sur lesquels l’auteur
attire notre attention. Le premier, l’auteur dit que l’élection n’est
pas que Dieu a de toute éternité et immuablement déterminé en
Christ, qui sera son peuple destiné à vivre au ciel avec Lui pour l’éternité.
Mais plutôt l’élection signifie seulement que Dieu a pris la nation
d’Israël et l’a établit comme responsable d’apporter l’Évangile
au monde entier. C’est tout ce que l’élection signifie d’après
cet article.
Deuxièmement, parce que la nation d’Israël est
choisie pour être le véhicule par lequel Dieu apporte l’Évangile au
monde entier, il n’est pas question de réprobation ou de rejet, car
le monde entier est élu en Israël. Et c’est ainsi que l’auteur
supporte ce qu’il considère être la vérité de la rédemption
universelle et de l’amour universel de Dieu.
C’est carrément nier la vérité de l’élection
et de la réprobation. Ça demeure un mystère comment cette position
puisse apparaître sous le nom de «Réformé».
Il y en a d’autres qui nient la vérité de la
prédestination en élevant des objections contre la doctrine. Ces
objections sont aussi vieilles que la doctrine. Les mêmes objections
que nous entendons aujourd’hui étaient déjà soulevées au temps d’Augustin,
et même dans le temps de l’apôtre Paul. En examinant ces objections
elles se résument à deux principales.
En premier, il y a une catégorie d’objections
contre cette doctrine qui contiennent des charges contre Dieu lui-même.
On dit que la prédestination fait de Dieu un tyran, l’auteur du
péché, un dictateur capricieux qui arbitrairement en choisit certains
et en rejette d’autres. C’est tout à fait semblable aux objections
que Paul considère dans Romains 9:14, 19:
Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice?
Loin de là!
Tu me diras: Pourquoi blâme-t-il encore? Car qui
est-ce qui résiste à sa volonté?
Ces objections sont logées contre Dieu et Sa
justice.
L’autre catégorie d’objections se résume à la
seule charge de fatalisme. Il est dit que la vérité de la
prédestination est fataliste et qu’elle est semblable à l’horrible
doctrine de l’Islam. Ces objections veulent dire que la vérité de la
prédestination rend les hommes négligents et en fait des pécheurs
profanes. Cette doctrine éveille en l’homme cette déclaration:
«Laissez-nous pécher que la grâce abonde.» La doctrine force les
homme à dire: «Si je suis un élu, peu importe ce que je fais, j’irai
au ciel, même si je commet beaucoup de péchés. Je jouirai de cette
vie comme je l’entends, car mon péché ne peut pas changer mon
élection. Et d’un autre coté, si je ne suis pas élu, je n’irai au
pas ciel même si je fais une bonne vie. En conséquence, j’irai
sûrement en enfer si je suis un réprouvé, même si je vis saintement.
Donc, aussi bien jouir de la vie et pécher autant que possible. Rien ne
peut changer la détermination éternelle de Dieu.» Ainsi, il est dit,
la doctrine de la prédestination détruit la responsabilité et la
redevabilité de l’homme, et fait de lui un stock vendu aux enchères.
Ces objections sont très anciennes. Que devons-nous
répondre ?
Premièrement, en général, quelques fois ces
questions sont soulevées par des enfants de Dieu sincères. Elles ne
sont pas soulevées pour se moquer de la vérité, mais plutôt parce
que les enfants de Dieu veulent comprendre la vérité aussi clairement
qu’il leur est possible. Et ces questions sont parfaitement
légitimes.
Mais la plupart du temps ces objections sont faites
par des hommes méchants qui détestent cette vérité. Ils calomnient
la vérité afin de la rendre odieuse dans l’esprit des hommes, et ils
essaient de persuader les hommes à rejeter la doctrine. Presque
toujours ce sont des objections qui viennent de cœurs méchants et non
pas un questionnement sincère et humble venant des enfants de Dieu. C’est
bien de se rappeler ceci, car si le mal est le motif, rien dans l’Écriture
ne pourrait changer ces objections de toutes façons.
Deuxièmement, nous devons être prêt à admettre
que cette vérité est très profonde. Il y a en effet des questions qui
nous viendront à l’esprit, et auxquelles nous serons incapable de
répondre. Calvin, par exemple, nous rappelle à maintes reprises que
nous devons nous limiter à ce que l’Écriture dit et ne pas se
permettre d’errer au-delà du chemin où elle nous mène. Là où l’Écriture
nous dit d’arrêter, là nous devons nous arrêter. Et si, à ce point
d’arrêt, il y a encore des questions sans réponses, qu’il en soit
ainsi; nous devons nous incliner humblement devant la vérité de la
Parole de Dieu. Cependant, cette vérité est quelques fois utilisée
pour nier la vérité de la prédestination d’une façon subtile et
bloquer la recherche de cette vérité. Ainsi ça mérite d’être
souligné, que même si nous ne devons pas errer au-delà des chemins ou
l’Écriture ne nous mène pas, nous devons suivre l’Écriture,
lorsqu’elle nous prend par la main, et nous montre la gloire de cette
œuvre de Dieu. Quand l’Écriture met cette confession sur nos
lèvres, cette confession doit devenir la nôtre.
Troisièmement, en regard à la première catégorie
d’objections (condamnant Dieu capricieusement, le faisant l’Auteur
du péché) nous ne pouvons faire mieux que de citer la réponse de Paul
aux objections semblables:
Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice?
Loin de là Car il dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je
fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion.
Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui
court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l’Écriture dit à
Pharaon: Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma
puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre.
Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il
veut. Tu me diras: Pourquoi blâme-t-il encore? Car qui est-ce
qui résiste à sa volonté? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour
contester avec Dieu? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a
formé: Pourquoi m’as-tu fait ainsi? Le potier n’est-il
pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur
et un vase d’un usage vil? (Romains 9:14-21).
C’est la réponse de l’Écriture; ce doit être
la nôtre aussi.
Finalement, en ce qui concerne les charges de
fatalisme, chaque enfant de Dieu sait dans son cœur qu’elles ne sont
pas vraies. L’histoire des églises Réformées abonde en témoignage
qu’elles sont des faussetés. Cette histoire n’est-elle pas écrite
dans le sang des martyres qui ont préféré mourir plutôt que vivre,
parce qu’ils croyaient et confessaient la vérité de l’élection
éternelle ? N’y a-t-il pas une longue liste des héros de la foi, qui
aimaient cette vérité et la confessaient, et dont leurs vies sont un
témoignage de la puissance de la grâce de Dieu dans leurs cœurs ?
Il y a une raison pour ceci. Car la vérité de l’élection
non seulement signifie que Dieu choisit ceux qui doivent être ses
enfants; et ça ne signifie pas seulement que Dieu détermine qu’ils
vivront dans le ciel; mais ça veut dire aussi, que Dieu garantie une
marche dans la sainteté pour Son peuple au milieu de ce monde. Le
décret de l’élection est la fondation de toutes les bénédictions
rattachées au salut. L’élection fut réalisée au Calvaire. Et au
Calvaire, tout ce qui se rapporte au salut a été accompli. Ce même
salut est accordé aux cœurs des Élus de Dieu par sa grâce
souveraine. Ceci est le point supporté par nos Canons à maintes
reprises.
Il n’y a pas différents décrets d’élection,
mais un seul et même décret en regard à tous ceux qui sont
sauvés, sous l’Ancien comme sous le Nouveau Testament:
puisque l’Écriture déclare le bon plaisir, le but et le dessein
de sa divine volonté comme étant un, selon lequel Il nous a choisi
de toute éternité à sa grâce et sa gloire, au salut et dans
les voies du salut, qu’il a ordonnées pour que nous y marchions (I:8;
cf. également I:6, 9, cités ci-dessus).
L’élection est la fontaine d’une foule
innombrable de bénédictions déversées sur le peuple de Dieu. Par la
puissance de l’élection ils marchent comme un peuple de Dieu au
milieu du monde. Chrétiens négligents et profanes? Non ! Élus,
rachetés dans le sang de la croix et sanctifiés par la puissance de la
grâce souveraine.
III. Quelle est son importance pour l’église?
L’importance de cette doctrine doit être trouvée
tout d’abord dans sa signification théologique. C’est la vérité
centrale de toutes les Écritures. Pendant que c’est littéralement
enseigné à des centaines de places dans la Parole De Dieu, c’est
aussi la vérité fondamentale sur laquelle est basée l’Écriture
dans sa totalité, comme étant la révélation de Dieu en Christ. C’est
présent dans chaque passage, présupposé dans chaque partie, elle est
une vérité intégrale de l’ensemble de la Parole de Dieu. C’est
ainsi, parce que l’Écriture est la révélation du Dieu Sauveur. Dieu
est souverain. Toute gloire Lui appartient à Lui seul. C’est cette
vérité qui élève nos cœurs à contempler l’adorable Dieu du ciel
et de la terre, et nous conduit à se prosterner en adoration devant
Lui.
Gardant cette vérité, alors, l’ensemble des
Écritures devient une merveilleuse unité. Il n’y a aucun besoin pour
des distinctions abstruses. Aucun besoin de suivre une théologie à
deux voies. Elle est belle dans son entier. Dieu est souverain dans le
choix de Son peuple. Comme Être souverain, Il rachète par la croix,
ceux qu’Il a choisis. Comme Souverain, il place Son amour sur Son
peuple, et hait sans cesse les méchants. Comme Être souverain, il
démontre sa faveur par la croix à ceux qui Lui appartiennent; il
déverse Sa colère sur tous les ouvriers d’iniquité. C’est ainsi
alors, que sa grâce n’est jamais commune. Sa grâce est toujours
particulière, conférée à travers la croix aux objets de Son choix.
Dans sa particularité, c’est irrésistible parce que ceux qu’Il a
choisis seront sûrement amenés à jouir des bénédictions du salut
final.
Le choix donc, est pour – ou – contre. Nous
pouvons nier cette vérité, alors nous devons aussi faire de Dieu, un
dieu sans force, façonné selon nos pensées, dépendant de la volonté
changeante de l’homme, oeuvrant seulement suite aux choix et aux
décisions de l’homme, altérant Son plan suivant les caprices de l’homme,
dépendant sur le travail final de l’homme. Ou bien, nous faisons de
la vérité des Écritures, notre choix, et maintenons la vérité du
grand et souverain Dieu du ciel et de la terre, à Qui seul appartient
toute gloire et toute louange pour l’éternité.
Deuxièmement, cette doctrine procure au peuple de
Dieu une consolation inexprimable. Nous sommes seulement des pécheurs
qui ajoutent, jour après jour, au fardeau de notre culpabilité. Si le
salut dépendait de nous, nous serions ballottés et submergés par les
tempêtes orageuses de nos océans de doutes. Nous ne pouvons mériter
«rien» avec Dieu. Mais l’élection, la souveraine élection, est le
rocher inébranlable sur lequel nous nous tenons et où nous sommes à l’abri
de tout mal. Les Élus ne peuvent jamais périr. «Néanmoins, le solide
fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de
sceau: Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; et:
Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité»
(II Tim. 2:19). Dieu va préserver l’œuvre de la grâce dans les
cœurs des Siens jusqu’à la fin.
Nous ne pouvons faire mieux que de terminer cette
discussion avec les paroles que Paul utilise pour clore sa discussion
sur cette vérité. Elles se trouvent dans Romains 11:33-36:
O profondeur de la richesse, de la sagesse et de
la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses
voies incompréhensibles! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a
été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à
recevoir en retour? C’est de lui par lui, et pour lui que sont
toutes choses. À lui la gloire dans tous les siècles! Amen!
La
Rédemption Particulière
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